Derniers articles :

» Manifeste pour une exception agricole   22/02/2017

» Dans le pays où je vis, la fierté n est pas un vain mot.   20/12/2014

» Chers amis je vous ai abandonnés   02/11/2014

» Du printemps, de la gourmandise et de notre ambassadeur normand, Guy de Maupassant   28/03/2014

» Et vogue Slowfood   17/02/2014



Billets d'humeur

  Terre gourmande » Billets d'humeur  »  Manifeste pour une exception agricole


Manifeste pour une exception agricole


Manifeste
Aux paysans, agriculteurs et mangeurs de tous les pays : le retour du
citoyen.
Produire et manger en respectant la nature nourricière.
Michel Serres le dit ainsi :
« Sans se nourrir, nul vivant ne survivrait. Manger est notre besoin
biologique premier.
Opposant des obèses à des nouveau-nés mourant de faim, le monde
souffre, aujourd’hui, d’une injustice majeure concernant la nourriture.
Manger est le premier acte vital, certes, mais, en raison de cette
iniquité, un acte social, politique, juridique, moral et, sans doute aussi,
sacré, puisque presque toutes les religions en font un rite.
Or, depuis que des ancêtres de génie domestiquèrent certaines
espèces de faune et de flore, nous dépendons des agriculteurs pour
manger. Sans paysans, aucun humain ne survivrait.
Le paysan est le père nourricier de l’humanité. Il occupe, en cela, une
position exceptionnelle dans la condition humaine. Aucun
professionnel ne lui est comparable.
Or, une autre injustice, la même sans doute, accule aujourd’hui la
paysannerie à la ruine, alors que nul ne pourrait se passer d’elle.
Il est donc de nécessité vitale, de justice politique et morale, mais
aussi d’urgence historique d’établir une exception agricole
comparable à l’exception culturelle qui n’en est, finalement, que la
copie, puisque la culture agraire elle seule nous permet de survivre. »


L'EXCEPTION AGRICOLE
L'exception agricole, qui existe à des degrés divers dans tous les pays
industrialisés et/ou riches (subventions, marchés protégés, droits de
douane, aides directes, indirectes ou déguisées, concurrence faussée
par des monopoles et oligopoles, contingentements tarifaires,
influence sur les prix, délocalisations avantageuses...) n'est guère
pensée qu'en fonction de critères qui ne privilégient pas la
préservation de la nature ni l'amélioration de l'accès à une nourriture
suffisante et de qualité pour tous.
Il devient nécessaire de repenser l'exception agricole pour l'avenir, en
la comprenant comme une exception à la fois écologique et
alimentaire, donc en lui assignant de nouvelles fonctions telles
qu'assurer la sécurité alimentaire dans les pays qui sont actuellement
en état d'insécurité plus ou moins chronique, préserver la nature pour
garantir les besoins fondamentaux des générations futures, améliorer
la santé globale des écosystèmes, des sociétés, des communautés et
des personnes.
Cela ne peut probablement se faire qu'en repensant l'agriculture
elle-même, c'est-à-dire en ouvrant plus largement le panorama
d'agricultures diverses écologiquement orientées et en incorporant
l'économie agricole dans un complexe environnemental et social
politiquement gouverné dans l'intérêt général depuis l'échelle locale
jusqu'à l'échelle internationale. L’exception agricole est la première
étape dans l'avènement de sociétés plus équitables et faisant plus
globalement symbiose avec la nature (contrat naturel et civilisationnel).


* * *
Avec le parrainage de Michel Serres, notre collectif a rédigé le
manifeste Pour une exception agricole et écologique. Il pose les bases
pour construire une Convention internationale faisant de l’agriculture
et l’alimentation des biens exceptionnels, à l’image de ce qui a déjà
été fait dans le domaine de la culture.
Pour lire le Manifeste "Pour une exception agricole et écologique" :
www.alimentation-generale.fr

Pour signer la pétition :
http://alimentation-generale.fr/societe/tribune/pour-une-exception-agricole-et-ecologique


Vos réactions à ce billet


Nom Prénom * :
Ville :
Email * :
Commentaire * :




_______________________________________________________________


 facebook